Conte Amérindien

Mis à jour : sept. 12




Lorsque Fleur de Printemps se présenta devant le tipi d’Ours Vénérable, le vieux sorcier, celui-ci comprit aussitôt que cette fois, Coyote Généreux était allé trop loin.

"Tu comprends Ours Vénérable, ce n’est plus possible, Coyote Généreux est encore parti ramasser le bois pour Cheval Boiteux, et avant il a chassé pour notre vieille Perle de Lune, et encore avant il a passé son temps à rendre tous les services que les membres de la tribu ont demandés. Il n’y a que pour nous qu’il n’a rien fait. Et maintenant je n’ai même plus de pemmican pour mes papooses. Ours Vénérable secoua la tête en signe de tristesse. Coyote Généreux était un bon guerrier et un homme prêt à rendre service, mais il était incapable de dire non à qui lui demandait service. Malheureusement, beaucoup abusaient de cette faiblesse au détriment de la propre famille de Coyote Généreux.


« Ne t’inquiète pas ! Je vais parler à Coyote Généreux » répondit le vieux sorcier. Mais avant, il faut que tu m’apportes deux grandes coupes, deux jarres que tu rempliras d’eau à la rivière, deux petites jarres de galets, deux petites jarres de graviers et deux petites jarres de sable. Va ma fille et garde confiance ! »


Fleur de Printemps n’osa pas contrarier Ours Vénérable et elle fit savoir à Coyote Généreux qu’il avait besoin de ses services. Aussitôt celui-ci se précipita devant le tipi du vieux sorcier. « Me voici Ours Vénérable, de quoi as-tu besoin ? » Le vieux sorcier lui montra l’une des coupes, une jarre d’eau, une jarre de sable, une jarre de gravier et une jarre de galets. « Il faut que tu remplisses cette coupe avec l’eau, puis avec le sable, puis avec les graviers, et enfin avec les galets.»

Coyote Généreux s’empressa d’obtempérer. Il versa l’eau. Il fut un peu surpris de voir que l’eau de la jarre remplissait presque toute la coupe. Il prit le sable et le versa à son tour. L’eau se mit à monter dans la coupe, passa par-dessus et déborda. Mais Ours Vénérable ne semblait pas contrarié, alors Coyote Généreux continua avec les graviers et les galets. Toute l’eau sortit de la coupe et une petite partie des graviers et tous les galets étaient hors de la coupe.


« C’est bien » dit Ours Vénérable. Maintenant prends cette autre coupe et ces autres jarres et recommence, mais cette fois, commence par les galets ». Encore une fois, Coyote Généreux obtempéra. Il déposa les galets dans la coupe et ceux-ci la remplissaient presque aussi haut que l’eau dans l’autre coupe. Il versa les graviers ; ceux-ci glissèrent entre les galets de telle sorte que le niveau ne bougeât quasiment pas. Il fit de même avec le sable qui à son tour s’insinua entre les graviers. Enfin il versa l’eau. Il put mettre plus de la moitié avant que l’eau ne déborde.


Coyote Généreux était sidéré : la coupe n’était pas plus grande et pourtant il avait l’impression d’y avoir mis bien plus de choses !

Ours Vénérable sourit. « As-tu compris ? » demanda-t-il au jeune guerrier. « La coupe c’est la vie. Si tu veux qu’elle soit bien remplie, tu dois y mettre en premier les galets, ensuite seulement les choses les plus petites. Tu dois trouver quels sont les galets de ta vie » Coyote Généreux réfléchit un court instant. Il commençait à comprendre ce que le vieux sorcier voulait lui dire.


Les galets ce sont les choses qui ont le plus de prix à ses yeux ; et ce qui compte par-dessus tout ce sont ses papooses pour lesquels il voudrait avoir plus de temps pour leur faire découvrir la beauté du monde, et sa belle Fleur de Printemps qu’il néglige si souvent pour aider les membres de la tribu.

Coyote Généreux regarda Ours Vénérable d’un air penaud. « Je n’ai pas de plus beaux et gros galets que mes papooses et Fleur de Printemps leur mère. ».

« En effet » répondit Ours Vénérable, « Je vois que tu as compris la leçon. Ne l’oublie jamais et ta vie sera belle ! ».

Et toi qui vient de lire ce conte, quels sont tes galets ?


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